Joyeux Noël

Le Combat syndicaliste

Le Combat syndicaliste traite de questions d’actualité, se fait l’écho des luttes ouvrières et sociales tant nationales qu’internationales, réalise des dossiers sur des thèmes précis (protection sociale, Prud’hommes, réduction du temps de travail, solidarité…) ou des numéros plus spécialement consacrés à un secteur particulier (dossier éducation…).

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La femme qui parle

Retrouvez l’histoire de Federica Montceny, militante anarchiste et membre de la CNT durant la guerre d’Espagne.

https://www.youtube.com/watch?v=DotMXnggKho

« Combien de fois j’ai réfléchi, cherchant l’explication humaine et scientifique de cette production de monstres en série obtenue par Himmler et Hitler ! Nous ne pouvons croire l’espèce allemande différente des autres espèces. De plus, le produit obtenu à grande échelle en Allemagne, s’obtint en France – les miliciens excédèrent aussi dans la barbarie et l’insensibilité la plus épouvantable – ; en Italie – le fascisme inaugura les tactiques de destruction de la personnalité humaine, dont les Allemands furent les maîtres – ; en Espagne – le phalangisme a suivi avec succès les leçons de ses professeurs allemands, en les anticipant souvent et les surpassant parfois. Mais il faut se demander de quelle constitution sont réellement les hommes – Allemands, Français, Italiens, Espagnols, la nationalité importe peu – qui ont été capable de perpétrer de si horribles crimes, de détruire de manière si absolue tout l’édifice élevé lentement et laborieusement autour de la bonté et de la dignité humaines.

Comment a-t-on obtenu de déshumaniser en masse presque une génération ? Comment Himmler a-t-il pu réunir un contigent de tant de milliers d’hommes, puis les éduquer pour devenir des bourreaux, qui ne vacillaient pas pour infliger la mort, qui ne reculaient devant aucun raffinement de cruauté, aucune sauvagerie, qui étaient immunisés contre tout scrupule et toute faiblesse de cœur ? »

Federica Montseny

[ NDLR – L’auteure se pose toutes ces questions dans un chapitre où elle parle des massacres d’Oradour et de Rouffignac, entre autres].

 

Quadrature du Net

Lettre ouverte contre la loi « Drone 2 »

Le gouvernement est de retour pour autoriser les systèmes de surveillance qui, d’abord prévus dans la loi Sécurité globale, avaient été censurés par le Conseil constitutionnel en mai 2021. Cette nouvelle loi « relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure », a déjà été adoptée par l’Assemblée nationale le 23 septembre dernier. Le Sénat l’examinera le 18 octobre. Il doit la rejeter : contrairement à ce que prétend le gouvernement, ces systèmes de surveillance nuiront tant à notre liberté qu’à notre sécurité, dès lors qu’ils organisent l’escalade technologique des violences policières.

Les articles 8 et 9 autoriseront la surveillance par drone, hélicoptère et voiture. Depuis plus d’un an, la police déploie illégalement des drones pour nous surveiller, malgré deux interdictions du Conseil d’État, une sanction de la CNIL et une censure du Conseil constitutionnel. Les drones sont inutiles aux actions de médiation, d’apaisement et de dialogue avec la population. Ce sont des outils démultipliant les capacités de surveillance et de contrôle, qui facilitent avant tout les interventions violentes de la police, notamment en manifestation afin de dissuader les militant·es d’exercer leurs libertés de réunion et d’expression politique.

L’article 7 autorisera la vidéosurveillance des cellules de garde-à-vue. Le gouvernement prétend agir pour « diminuer les risques de suicide, d’automutilation, d’agression », comme s’il se souciait soudainement du bien-être des personnes qu’il réprime. Plutôt que de protéger les personnes arrêtées, il s’agira de renforcer les pressions et violences psychologiques causées contre elles par l’enfermement et une surveillance de chaque instant sans aucune garantie ni limitation sérieuse.

L’article 16 autorisera la police à recourir à la violence physique pour obtenir les empreintes digitales et la photographie des personnes suspectées d’avoir commis une infraction punissable d’au moins trois ans de prison. Cette violence pourra s’exercer contre des enfants de 13 ans, pour peu que la police les suspecte d’avoir commis une infraction punissable de cinq ans de prison. Les empreintes et photos ainsi obtenues pourront être recoupées avec les fichiers de police existants, notamment par reconnaissance faciale.

Cette loi organise un monde où les développements technologiques renforcent et justifient les violences que la police peut exercer contre la population. Cette escalade de la violence ne repose sur aucun besoin objectif qui serait soutenu par des études ou des chiffres concrets. Elle ne semble viser qu’au développement d’un État policier qui, une fois en place, ne s’encombrera pas des limites que le droit aurait tenté de lui poser (les quatre interdictions rendue l’an dernier n’ont pas empêché la police de déployer des drones, encore aujourd’hui1).

Pour ces raisons, l’ensemble de ces mesures doivent être rejetées.

NON AU PASSE SANITAIRE ET AUX LOIS ANTISOCIALES ET SÉCURITAIRES

Parce que le passe sanitaire est une loi sécuritaire de plus et un nouvel instrument de contrôle de la population qui s’ajoute à toutes les lois autoritaires et liberticides apparues ces derniers mois (dont les lois Sécurité Globale et l’état d’urgence permanent, qu’il soit sanitaire ou
antiterroriste) .

Parce que le passe sanitaire sert à cacher l’incapacité du gouvernement à mettre en place une politique sanitaire démocratique et juste socialement (par l’égalité d’accès aux soins et un nombre suffisant de lits à l’hôpital) .

Parce que le passe sanitaire est l’occasion pour l’extrême droite de récupérer et instrumentaliser les manifestations, et par la même occasion de diffuser ses idées fascistes, homophobes antisémites, masculinistes, individualistes, et aussi d’empêcher l’expression d’autres idées que les leurs.

Parce que nous revendiquons des moyens financiers et humains bien plus importants dans les hôpitaux publics et les Ehpads, des embauches nécessaires pour permettre des conditions de travail respectueuses des exigences sanitaires, la levée des brevets au sein de l’Organisation mondiale du commerce pour la solidarité internationale et la santé publique, l’abandon des lois et projets sur l’assurance chômage et les retraites.

ATTAC – CNT – FSU – LFI – NPA –  [Jura] – Autonomes

La répression En Marche continue

Mercredi 28 août JM, gilet-jaune de la première heure et engagé dans le mouvement antipasse, répond à une convocation de la police en se présentant au commissariat de Lons le Saunier. Il est immédiatement mis en garde à vue sans explication malgré ses demandes répétées. Il réclame la visite d’un médecin et le recours à un avocat, comme le droit l’y autorise.

Après une nuit en geôle, JM accompagné de son avocate est auditionné par une capitaine de police qui lui reproche d’avoir insulté des représentants de l’État en ayant déposé une pancarte sur la permanence de la député En Marche (ou crève) Brulebois. JM ne garde pas le silence (comme le droit l’y autorise aussi) et répond aux questions de la policière, lui expliquant entre autres qu’il a participé à une manifestation qu’il croyait déclarée et qu’il ne fait pas partie de organisateurs. La policière lui fait copieusement la morale et rédige un PV d’audition qui après relecture de l’avocate, s’avère faux ! Il indique que JM reconnaît avoir participé à une manifestation non déclarée. Devant la vigilance de l’avocate, la représentante des intérêts de l’État fait machine arrière et corrige son « erreur ». JM sera encore brièvement auditionné dans la matinée avant d’être relâché dans l’après-midi, le procureur en a décidé ainsi et la suite se jouera au tribunal, où nous l’espérons JM bénéficiera du soutien dont il aura besoin.

Cette garde-à-vue est le prolongement d’une répression politique qui s’est abattue sur les militant.es locaux depuis les manifestations en opposition à la contre-réforme des retraites. Nombre de PV « sans contact » à 135€ et dont la légalité est aujourd’hui mise en cause, sont arrivés dans de nombreuses boites aux lettres et ont continué de pleuvoir durant le premier confinement à la suite du 1er mai. Cette méthode de PV sans contact a d’abord été expérimenté dans les quartiers populaires avant de devenir un outil de répression du mouvement social.

Aujourd’hui à Lons le Saunier, ville de 18 000 habitant.es, la répression politique en est depuis un an environ, à trois gardes à vue, deux arrestations de quelques heures et des dizaines de PV  sans contact. Si d’un côté cela met en évidence la vitalité locale de la résistance aux politiques antisociales de l’État, cela démontre également que celui-ci, aux abois, et prêt à tout pour réprimer celles et ceux qui s’opposent à lui et à son monde.

 

Bloc Antifasciste à Bourg-en-Bresse

Lors de la sixième manifestation à Bourg-en-Bresse, un militant du NPA – sans cacher son appartenance politique – prend la parole comme l’on fait d’autres intervenant.es, mais lui se fait conspuer par la foule. Cet incident est le plongement d’apparitions de plus en fréquentes de sympathisant.es plus ou moins déclaré.es de l’extrême-droite. L’Action Antifasciste de l’Ain (AAA) décide donc d’appeler à un bloc Antifa pour la septième manif anti passe, notamment pour une politique sanitaire juste et pour combattre l’extrême-droite.

Rendez-vous est donné face à la préfecture, où dans un petit square se déroulent les prises de paroles des organisateur.trices auto-désigné.es. Le propos est anti passe, mais aussi antivax, prêchant la protection des enfants (qui ne serait pas pour), l’apolitisme, les soins alternatifs, reinfocovid plate-forme de réinformation – en fait de désinformation – très droitière est bien présente.

La manifestation se met en marche pour un parcours qui va durer 8 kms. Le bloc Antifa est groupé, ses trois mégaphones donnent le ton avec une Internationale qui énerve plusieurs manifestant.es en périphérie du bloc, mais les 30 à 40 militant.es Antifas dissuadent ces énervés d’aller au-delà de quelques insultes à distance. La parcours sera aussi l’occasion pour des personnes de venir nous faire la morale sur l’apolitisme et l’unité qui sont de vieilles antiennes d’extrême-droite. Au fil des kms le bloc se distendant, des manifestant.es s’y retrouvent inséré.es sans à priori toujours s’en rendre compte, mais parfois aussi délibérément, affichant un soutien discret, mais affirmé. Telles ces deux retraitées qui pouffaient régulièrement en entendant les nombreux slogans anti Macron et antifascistes. L’une d’elles viendra d’ailleurs nous raconter que son père était un militant antifasciste à l’époque ou des monstres comme Franco gouvernaient une partie de l’Europe.

Pas vraiment de traces de la flicaille, une voiture de la police municipale se trouvant sur le côté de la manif est applaudie par quelques manifestant.es, « Police partout, justice nulle part » répond aux applaudissements. Les CRS feront leur apparition devant le centre hospitalier pour en barrer l’accès, il est demandé de s’asseoir en signe de protestation. En quoi s’asseoir est-t-il un signe de résistance ? Le bloc antifa reste debout : « l’hôpital n’est pas une entreprise, les patients ne sont pas des clients ».

D’un pas un peu plus lent, le cortège reprend la direction de la préfecture et le square attenant qui va voir des prises de paroles sans ambiguïtés clore l’après-midi. En résumé : « Les syndicats (CNT, CGT Educ’action) et les partis (NPA) n’avaient rien à faire là, samedi prochain nous leur arracherons leurs drapeaux ». Le ton et le propos sont menaçants, ils s’appuient de nouveau sur cet apolitisme et cette unité de façade utilisés pour masquer l’engagement très à droite (sous différentes formes) de ceux qui s’expriment.

Après de tels propos c’est la préoccupation qui anime les membres du bloc antifa qui sont toujours présent.es. Faut il revenir samedi prochain, mais bien plus nombreux.ses ? Ces personnes ont elles des accointances avec des militant.es d’extrême-droite plus organisé.es et plus déterminé.es qui pourraient faire leur apparition pour la 8e manif ? Que faire avec la « gauche » qui ne veut pas défiler derrière « eux » ? Les avis sont partagés, mais il va falloir se décider rapidement, car si la présence de nombreux « conspis-patriotes », ne fait pas d’une manif un rassemblement fasciste, cela ne dédouane pas la gauche, qu’elle soit révolutionnaire ou réformiste, de ses responsabilités.

Pourquoi filmer les manifestant.es anti-passe est une mauvaise idée ?

Les manifestations anti-passe ne sont globalement pas déclarées, juridiquement elle sont donc interdites. En filmant les manifestant.es, vous les exposez aux potentielles sanctions des forces de répression. En général les images des manifestations se retrouvent sur les réseaux sociaux que la police explore méthodiquement pour rassembler des preuves contre les opposant.es aux politiques du gouvernement. Durant le mouvement des gilets-jaunes de nombreux opposant.es ont été identifié.es et réprimé.es à cause d’images prises lors de manifestations, blocages ou autres mouvements de résistance. A Lons le Saunier plusieurs personnes ont été victimes de garde à vue et de PV dit sans contact d’un coût de 135€. Aussi ne filmez pas les manifestant.es vous les mettez en danger, particulièrement les militant.es engagé.es régulièrement dans les luttes sociales. Si vous devez le faire pour alimenter un média de résistance, floutez leurs visages

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Contrôle total au service du capital

Nous, syndicalistes CNT 71/58, ne sommes ni « complotistes » ni « antivax » et nous considérons déjà pénible d’avoir à le préciser mais la période est troublée et les lignes entre les grands courants idéologiques sont floues sinon délibérément floutées. C’est pourquoi, en tant que syndicat anticapitaliste issu de l’anarcho-syndicalisme, nous tenons à faire entendre notre position :

La CNT 71/58 affirme son opposition à l’obligation de vaccination pour les personnels de santé ainsi que ceux en contact avec le public et soutiendra tout salarié victime de sanction suite à son refus de se faire vacciner.

La CNT 71/58 affirme son opposition au Pass sanitaire qui va accentuer les inégalités, renforcer le contrôle social voire l’exclusion pour accomplir des actes et des démarches obligatoires.

La CNT 71/58 en tant que syndicat anticapitaliste alerte sur les futurs décès liés aux conséquences du dérèglement climatique dans des environnements soumis à la surexploitation des ressources, aux pollutions industrielles et agricoles qui ont bien aidé au développement de la pandémie actuelle. Pendant que l’État tente de nous mettre au pas avec le pass sanitaire entre autres (loi travail, état d’urgence, identité numérique…), il ne prend aucune mesure aussi drastique pour protéger les populations des risques liés à l’exploitation des ressources dans des conditions indignes des travailleurs et de l’environnement.

La tension qui pèse sur les populations continue. Elle devient déjà insupportable pour les plus précaires. Depuis mars 2020, l’État nous annonce chaque semaine des nouvelles mesures souvent contradictoires qui alimentent sans discontinuer les débats et occupent tout l’espace médiatique, passant sous silence la réforme des APL, de l’assurance chômage, de l’âge du départ à la retraite à 64 ans… Autant de coups de boutoir contre les salarié.es, les jeunes, les personnes âgées, les précaires, les gens du voyages, les réfugiés… Pour nous, anarcho-syndicaliste, c’est inacceptable ! Dans ces conditions de casse sociale, le pass sanitaire est un nouvel outil d’exclusion, de stigmatisation et de discrimination. Nous n’en voulons pas !

Pendant que l’État nous sidère sur tous les fronts, les grandes fortunes « s’éclatent » dans l’espace et voient leur cotation en bourse s’envoler.

Quand le peuple baisse la tête, le capitalisme la relève : il faut que cela change !

C’est pourquoi, comme d’autres organisations, nous demandons :

- Des moyens humains et matériels accrus pour les hôpitaux publics pour qu’ils puissent faire face efficacement aux besoins de la population,

- La socialisation des établissements privés pour participer à la lutte contre la pandémie,

- La production et l’organisation des vaccinations en toute transparence par le service public

- La levée des droits sur les brevets des vaccins

– La publication du prix d’achat des vaccins aux sociétés productrices

- La reconnaissance de tous les personnels intervenant auprès des personnes âgées et vulnérables et en particulier ceux payées pendant 13 ans au SMIC (aides à domicile et aide-soignants notamment).

- L’abandon des mesures autoritaires et répressives en matière de vaccination pour les personnels soignants et maintenant pour les enfants des collèges.Si ces mesures sont maintenues nous appelons à la solidarité avec l’ensemble des salariés concernés.

C’est tous et toutes ensemble qu’il faut lutter, c’est toutes et tous ensemble qu’on va gagner